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Union Nationale de la Facture Instrumentale

CONTREBASSE

La contrebasse en temps que telle, apparaît à la fin du XVIe siècle en Italie. Assez tardivement donc, si on la compare aux autres instruments de la famille des violons.

La contrebasse à cinq cordes se répand rapidement en Italie, en Allemagne et en Autriche, mais son apparition en France est assez tardive. Elle y est d'abord réservée à l'église, où elle renforce le registre grave de l'orgue (« 16 pieds »). C'est dans les années 1660 que sa présence est attestée dans plusieurs ensembles symphoniques, et à l'opéra de Paris au début du XVIIe siècle, son rôle se limitant toutefois à doubler les violoncelles à l'octave inférieure. La 2nde moitié du XVIIIe siècle et surtout le XIXe siècle voient émerger les 1ères pièces « virtuoses » écrites pour cet instrument avec l'éclosion d’œuvres importantes composées pour orchestre ou musique de chambre (quintettes). Au XXe siècle, la contrebasse trouve une place très singulière au cœur du jazz pour lequel elle suscite un véritable engouement.

Les variations de nombres et d'intervalles de cordes donnent lieu à de nombreuses polémiques concernant la famille d'appartenance de cet instrument.

 En effet, au XVIIe et XVIIIe siècles, on trouve différents modèles de contrebasses à 4, 5 ou 6 cordes, disposées par quintes, par quartes ou tierces. Sa forme est aussi très souvent proche de celle de la viole. Son accord actuel en quartes laisse également place à la confusion, mais il est clair qu'elle a longtemps été accordée en quintes comme les instrument de la famille des violons. C’est assez tard, en 1832, pour des raisons de confort de jeu, que cette dernière a finalement abouti à l'accord en quartes qui prédomine aujourd'hui. Son absence de frettes témoigne de sa proximité avec la famille des violons tout en l'éloignant de celle des violes.

Cet instrument questionne et demeure mystérieux par son évolution non linéaire, et la liberté qui demeure autant dans ses méthodes de fabrication (diversité des tailles, de diapasons et de renversements, fonds plats ou voûtés, choix des bois très variés etc...) que dans le jeu des musiciens pouvant varier l'accord suivant les pièces jouées, ajouter une corde dans le grave (do 3rce en dessous du mi, pour se rapprocher de la tessiture de l'orgue) ou dans l’aigu (do 4rte au dessus du sol, plus fréquent dans le jazz). On trouve également des musiciens jouant sur des contrebasses modernes, et utilisant cependant des cordes en boyau, notamment dans le jazz, cette matière leur permettant une plus grande souplesse de jeu dans les pizzicato. Autant de variantes qui rendent difficile la catégorisation de cet instrument dans telle ou telle famille.